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Raid-Emption

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Aujourd’hui, c’est David Nguyen , l’auteur de Raid-Emption, qui prend la parole sur le blog Nombre7. David a un parcours inspirant, étonnant, enragé et engagé !
Après une expérience très douloureuse, il a su transcender la haine qu’il ressentait pour en faire un élément positif dans sa vie. Le sport l’a beaucoup aidé, la pratique du roller notamment. Et pas n’importe comment puisque David est spécialiste de raids en roller.
Nous avons voulu en savoir un peu plus sur ce drôle de garçon qui connaît mieux que quiconque la définition du mot résilience.

David Nguyen auteur raid-emption nombre7

Marseille, le sport et l’écriture

Bonjour David, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

J’ai 37 ans, je suis né à Marseille et y vis à nouveau depuis 2011 après avoir connu de nombreuses villes. Toujours assoiffé de découverte et d’apprentissage, je suis d’un naturel curieux et autodidacte, même si je suis régulièrement retourné sur les bancs de l’école ou de la formation professionnelle. Depuis quelques années, je partage ma vie professionnelle entre le commerce et le sport.

Nombre7 éditions

Mon livre Raid-Emption, est né après des années de tentatives, un gros travail d’auto-formation, de recherches et surtout beaucoup de temps consacré. Il est aussi un rêve qui se réalise et qui comble à présent mes passions de toujours car après le sport où j’ai concrétisé de nombreux projets, c’est mon amour pour l’écriture que je viens apaiser aujourd’hui.

Raids aventure

Vous organisez depuis plusieurs années des raids à roller. De quoi il s’agit ?

Depuis un premier raid, Paris-Marseille qui est narré dans mon livre, je me suis découvert une soif « kilométrique ». Aussi souvent que j’en ai eu la possibilité, je suis parti à la découverte de moi-même et de nouveaux horizons. Je pars toujours avec le minimum de certitudes pour vivre pleinement les événements tels qu’ils se présentent. Parfois sur 2 jours, bien souvent sur 4 à 5. Mon plus long raid à ce jour a duré 28 jours et s’est étalé sur plus de 2 500 km (c’était Le Havre-Montpellier par la frontière ouest, en oubliant aucune ville la délimitant). Je suis parfois et même de plus en plus souvent accompagnés de riders qui souhaitent rouler avec moi.

Un déclencheur traumatique

Vous êtes venus au roller tout jeune il me semble mais un évènement tragique dans votre vie, a amplifié votre pratique du sport. Voulez-vous bien en parler avec nous ?

Cet événement n’a pas amplifié ma pratique du sport, j’en pratiquais déjà quotidiennement depuis de longues années. En revanche, l’événement difficile que j’ai eu à vivre, m’a poussé dans une course contre les souvenirs, à me mentir à moi-même et à m’étourdir l’esprit au point de fuir cette période par tous les moyens. Par la force des choses, comme un cycliste prétexterait le vélo ou un motard sa moto, j’ai juste décidé de rouler pour fuir plutôt que de laisser ma haine m’engloutir totalement. J’étais alors sur le point de commettre l’irréparable : me tuer ou me gâcher la vie en abîmant celle d’autrui. Je rajouterais que cette fuite n’était pas réfléchie, j’ai compris que c’en était une que plus tard, en analysant ce que je croyais chercher en partant sans aucune expérience ni entraînement spécifique pour rejoindre Marseille depuis Paris à rollers, seul, sur un coup de tête.

Cette passion pour le roller répond-elle à un besoin de vous accomplir physiquement, comme une façon de reprendre le contrôle sur votre propre corps ?

Cette passion pour le roller ne répond pas à un besoin de m’accomplir, mais est un moyen de le faire.

Je crois vraiment que chacun doit s’accomplir pour être heureux et il existe certainement autant de façons de faire qu’il existe d’êtres humains. Comme beaucoup, pour moi ce chemin a commencé par le sport et l’écriture, il a fallu que je souffre pour parvenir à me trouver…je ne dirais pas que c’était un mal pour un bien mais je suis heureux d’avoir surmonté mes démons et d’avoir aujourd’hui une bien plus grande place dans mon cœur pour l’amour que pour la haine.

Les personnes ayant subi de lourdes violences ont souvent besoin d’écrire pour exorciser le mal, comme une thérapie. Est-ce votre cas ?

C’est un peu vrai je pense. Plus jeune naturellement j’écrivais, surtout inspiré par mon vécu et c’est globalement une excellente manière de réfléchir, de se remettre en question ou juste de comprendre les choses qui ne sont pas toujours palpables, puis de les accepter. Il y a eu un fort côté thérapeutique effectivement dans mes écrits.

Redemption

Quel est votre prochain exploit ? Quels sont vos projets aussi bien sportifs que littéraires et professionnels ?

Mon seul projet, dans l’absolu, est d’être heureux et que ceux que j’aime le soient. J’ai continuellement des rêves, chaque fois que j’en réalise un je vise le suivant et ne me donne aucune limite. Et si j’échoue, ce n’est pas très grave, l’expérience m’‘aura permis de grandir quand même !

Olivia Mahieu – Rédactrice web chez Nombre7 Editions