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Quand les écrivains se mettent en scène !

Le succès a un prix médiatique

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Rentrée littéraire, un grand barnum … et après ….

Nombre7Aujourd’hui plus que jamais à l’heure du numérique et du règne de la visibilité forcenée et du paraître, incarner son ouvrage, mettre en avant sa personnalité d’auteur est  indispensable pour faire sortir du lot sa création et pour la vendre.
Réflexion sur cette nécessaire mise en avant …

Nul ne l’ignore, il est difficile de faire son trou lorsque l’on est écrivain. Regardez un peu cette rentrée littéraire 2018 !! Ce ne sont pas moins de 567 romans qui vont être imprimés, publiés et installés en librairie entre fin août et début novembre. De la folie douce !
De combien de noms, de romans, se souviendra-t-on dans quelques semaines ? De combien d’auteurs les médias parleront ?
Les plus célèbres bien entendu, comme Serge Joncour,  Maylis de Kerangal, Amélie Nothomb … et les quelques premiers romans qui marqueront les esprits littéraires et médiatiques toujours à l’affût d’un peu de nouveauté.

Quid des 535 suivants ?

Si ce n’est par la grâce de quelques libraires plus curieux que les autres, ils seront vite classés, archivés … sauf s’ils arrivent à capter l’attention.
Les réseaux sociaux et les plateformes de vente de livres en ligne sont une piste bien évidemment mais là encore, combien surnageront dans les flots d’informations digitales ?

C’est simple, ce sont ceux qui auront marqué les esprits par leur personnalité, qui sauront incarner leur livre, susciter l’envie et la curiosité par leur discours, en complément de leur prose. Au-delà de la qualité d’un livre aujourd’hui, la différence se fait à travers l’image de son créateur.

Triste époque me direz-vous, qui place le savoir-être à la première place au détriment du savoir-écrire ?
Peut-être bien mais ce n’est pas nouveau …

Souvenez-vous de l’émission Apostrophes de Bernard Pivot. Sacrée émission non ? Mitterrand, Duras, Nabokov, Bukowski, Simenon, Kundera mais aussi des auteurs bien moins connus …
Si on se souvient facilement de ces séquences devenues cultes aujourd’hui, c’est bien entendu pour la qualité des auteurs invités, de leurs ouvrages mais également pour leur personnalités savoureuses même si on ne partage pas forcément les mêmes courants politiques ou intellectuels.

Pivot lui-même regrettait que les médias conduisent à la désacralisation de l’écrivain, tout en reconnaissant toutefois que « tout compte fait, une émission comme Apostrophes, si elle désacralise les hommes et les femmes qui y paraissent, aux yeux du public, elle les sacre écrivains. »

Certains crieront au scandale face aux écrivains de circonstances qui ont envahi la sphère médiatique et digitale mais force est de constater que ce sont eux dont on parle.

Ce n’est pas le roman qui fait l’écrivain, mais sa reconnaissance en tant que tel par le public.

Et en 2018, le public s’approche de 1001 façons : les réseaux sociaux, les blogs, les sites, les rencontres en salon, les vidéos Youtube ou bientôt les podcast …

Plus que jamais en 2019, aller chercher son public et incarner ses ouvrages, sera la clé d’une visibilité d’auteur.

Olivia Mahieu – Rédactrice web chez Nombre7 Editions

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