Vous vous lancez dans l’écriture d’un roman ? Toutes nos félicitations, c’est déjà un grand pas que de passer de la volonté à l’écriture.
Pour autant, écrire un livre n’est pas forcément synonyme d’écrire un bon livre
. N’est pas Proust qui veut et si les styles littéraires sont très subjectifs, améliorer votre technique rédactionnelle ne pourra qu’enrichir vos écrits, donner du coffre à vos personnages, fluidifier vos dialogues et emmener le lecteur dans votre univers.

Nous vous livrons quelques conseils pour faire virevolter votre plume !

Travailler

Conseil qui a l’air bête, me direz-vous, mais qui mérite pourtant d’être rappelé. L’écriture est un travail. Même si vous maintenez une activité professionnelle à côté de votre passion, que votre roman n’a pas vocation à vous nourrir. Si vous ambitionnez qu’il soit lu et qu’il retienne l’attention de vos lecteurs, il va falloir bosser.

Ce n’est pas pour rien que les écrivains mettent des mois, des années parfois pour écrire un roman. Ce n’est pas qu’ils sont fainéants ou qu’ils passent une moitié de l’année au soleil. C’est que la part de travail que représente un livre est effrayante. Entre les recherches liées à votre sujet (géographie des lieux, caractères des personnages, points historiques, éléments techniques …) et la fin du premier jet, il peut se passer des mois !

Le travail de l’écrivain est un travail de fourmis, une histoire au long cours.

Dans le génial podcast Arte Radio “Bookmakers, les écrivains au travail”, Lola Lafon, auteure de Chavirer, son dernier ouvrage, avoue qu’elle met plus de deux ans pour écrire un bouquin !
Et si Amélie Nothomb sort religieusement un roman tous les ans, tout le monde n’a pas sa facilité d’écriture et je parie qu’elle dort assez peu…

Couper

Un roman ne s’écrit pas en un seul jet ! Ou alors vous êtes absolument génial et nous serions ravis de travailler avec vous !
Plus sérieusement, personne n’est capable de produire 300 pages de bons mots, d’idées fluides, de paragraphes qui s’écoulent les uns les autres avec naturel et pertinence.

Dans sa masterclass intitulée “Trouver les mots justes”, Charlotte Moreau, auteure de l’ouvrage “Il était une fois les pompiers” précise bien à ses élèves qu’écrire c’est couper, couper et encore couper. C’est certainement très difficile d’effacer des pages entières mais absolument nécessaire.
Il faut accepter de produire des déchets et de les mettre à la corbeille pour, justement, trouver les mots justes. Ce qui devrait être la seule ligne de conduite de l’écrivain n’est-ce-pas ?

Utiliser des figures de style

Si c’est votre histoire qui retiendra l’attention des lecteurs, c’est votre style qui le fera aimer votre texte et le fera revenir vers vous.

Il ne suffit pas de savoir écrire pour publier un livre, sinon tout le monde serait écrivain ou presque. Un roman, c’est une histoire, des personnages, une ambiance, et des mots, organisés en phrases, en figures de style… Ils vont donner du peps à vos pages, une identité à votre écriture, une unicité.

Nul besoin d’avoir fait des études de lettres même si, évidemment, ça facilite le travail, pour insérer ici ou là des métaphores, des allitérations, des allégories… Là encore, très peu d’écrivains sont capables d’insérer ces étonnantes formules sur leur premier jet d’écriture. Ils acceptent l’idée de ne pas être des génies de la figure de style. Ils reviennent encore et encore sur leurs textes pour insuffler ici de la légèreté, là de l’humour.

On ne devrait d’ailleurs pas dire “j’ai écrit un roman”, mais bien “j’ai réécrit” un roman, ce qui sied mieux au travail de l’auteur.

Prendre son temps

Toutes ces étapes prennent du temps. C’est là certainement l’une des différences entre un mauvais auteur et un bon auteur.

Écrire, c’est laborieux, lent, rigoureux avec des moments de frustration extrêmes et d’autres de félicité incroyables.

Devenir un écrivain, c’est accepter de prendre son temps et de ne jamais se contenter de ses premiers mots.

Olivia Mahieu
Rédactrice Web – Nombre7