Cette question accompagne généralement les auteurs une fois la dernière phrase du dernier paragraphe de l’œuvre achevée. Où se faire publier ? Comment ? Le nombre important de maisons d’édition qui ne cessent de grimper, ne facilite pas la décision. De plus, certaines récentes révélations viennent aussi orienter ces choix.

Maisons édition

Une époque charnière

En effet, le monde de l’édition est actuellement secoué par plusieurs polémiques. L’arrivée du mouvement #Balancetonéditeur permet d’enfin lancer le mouvement metoo dans le monde de l’édition, qui pour l’instant n’avait pas encore été touché. On découvre de jour en jour de nouvelles révélations et agissements sexistes au sein de grandes maisons d’édition. D’ailleurs, si le sujet vous touche et si vous vous sentez concernés vous pouvez répondre au sondage lancé par Livreshebdo qui prépare un dossier sur le sujet.

Depuis le 5 avril 2021, un compte Instagram « Balancetonéditeur » créé par un collectif anonyme, publie des témoignages anonymes de personnes travaillant dans le milieu de l’édition et ayant relevé des phrases ou répliques homophobes, racistes et sexistes. Ainsi, plusieurs grandes maisons d’édition comme Gallimard, Stock, Flammarion ou encore Albin Michel ont été exposées. Actualitté s’est penché sur le phénomène et a publié un article sur ce collectif qui a expliqué sa démarche : « L’objectif ici n’est pas de stigmatiser les différentes maisons, mais de mettre en lumière certains faits, certaines pratiques, afin que chacun/chacune fasse le nécessaire, à son échelle, pour que les choses changent. ».

Stock
Gallimard
Bayard

Si le milieu de la littérature est historiquement très sexiste (très peu d’auteures et d’éditrices avant le vingtième siècle, dévalorisation de la littérature dite « féminine », quasiment aucune gagnantes lors de prix littéraires…), le XIXème siècle sonne comme une revanche sur cette tradition. De plus en plus d’auteures sont publiées, des femmes accèdent peu à peu à des postes plus importants dans l’édition. Cependant, ce n’est toujours pas assez. Et ces dernières polémiques témoignent d’un certain manquement et d’une faute de la part de ces maisons d’édition. Elles participent à une perte de confiance en ces maisons d’édition et une dégradation de leur image.

Cette actualité vient bousculer quelques lignes. Car la maison d’édition représente l’auteur, elle nourrit sa vitrine. Ainsi, on peut se demander : quel impact aura un tel mouvement ? Quel impact aura-t-il sur l’image de ses auteurs, sur le choix des écrivains qui signeront les prochains contrats, déposeront leurs premiers manuscrits… ?

Balancetonéditeur a soulevé un point important : l’essentialité de la confiance, envers sa maison d’édition et son éditeur. Et cette confiance se base grâce l’honnêteté et la transparence que défend la maison d’édition en question.

Une jungle éditoriale.

En France, il y a des milliers de maisons d’édition. Selon le SNE on comptabiliserait même plus de 10.000 éditeurs, dont la moitié travaille en maisons d’édition indépendantes. Ainsi la concurrence est rude et l’équilibre économique de ces maisons, plutôt précaire.
Le marché du livre est très varié, très complet et très productif. Alors qui choisir ? Comment savoir quelle maison d’édition correspond à son manuscrit et à ses objectifs ?

jungle de livres

La structure même de la maison d’édition est également à prendre en compte. Par exemple, si vous choisissez de publier votre manuscrit dans une maison d’édition indépendante, c’est que vous choisissez de soutenir ce modèle et ce système d’édition. Ce choix est celui d’une proximité renforcée entre l’auteur et l’éditeur.
Mais publier dans une maison d’édition indépendante c’est accepter une plus faible visibilité, une moindre diffusion, des moyens promotionnels réduits, mais beaucoup plus d’accompagnement, plus de contact et d’échanges, plus de collaboration et de liberté.

Quelles sont vos attentes ? Vos idées et vos envies ?
En tant qu’écrivain, il est crucial de se poser ces questions avant de se lancer sur la voie de la publication. L’ouvrage est-il destiné à un large public où à un lectorat plus spécialisé ?
Son sujet est-il susceptible de plaire aux non-initiés ou seulement à ceux qui ont déjà une connaissance relative du sujet ? Toutes ces réflexions permettent de cerner le comment du partage de votre création. Si la vente est l’objectif alors le processus est bien différent. Car publier un livre est une réelle aventure, dont l’éditeur n’est seulement que la première pierre.

Créer un livre, c’est avant tout, créer un objet artistique. Donner la possibilité à n’importe lequel d’entre nous de rendre ses mots visibles et de les donner à des lecteurs. Ce don, cet échange est le fruit d’un travail au préalable rigoureux et de longue haleine. Ce sont des réflexions qui construisent vos choix, qui définissent vos productions et créations et influencent considérablement l’ensemble du processus artistique, du premier jet jusqu’à la vente au lecteur. Si Marc Lévy est édité aux éditions Robert Laffont c’est qu’il y a bien une raison. Ses objectifs de vente, de production et de création correspondent à ce que peut offrir une grande maison d’édition. Ainsi l’un s’adapte à l’autre. L’un fonctionne avec l’autre et les deux se répondent parfaitement afin d’avancer ensemble à la même cadence.

La rencontre avec le « bon éditeur » peut changer la vie et le destin de l’auteur. Très humblement, chez Nombre7, nous sommes heureux d’avoir pu marquer le destin de quelques un de nos auteurs. Nous leur consacrons d’ailleurs une série d’articles « 1 LIVRE, 1 DESTIN » dont le premier a été publié récemment. Qui sera le prochain ?