Nouvelle auteure chez Nombre7, Géraldine Sommier-Maigrot a publié son troisième ouvrage chez nous le mois dernier. Le coq ne chantera plus est une ode à l’amitié qui devient un pilier nécessaire au milieu d’assassinats, d’enquêtes et de déchirures. À cette occasion, nous sommes allés poser nos fameuses questions à Géraldine afin de mieux la faire connaître à nos lecteurs !

Quel est le dernier livre que vous ayez lu ?

La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi… de Rachel Joyce. Une pépite qui m’a bouleversée. Comme lectrice parce que l’histoire véhicule des émotions intenses. Et comme auteure, parce que c’est le genre de roman que je voudrais écrire.

Quelles sont vos influences littéraires pour ce roman ?

J’aimerais pouvoir dire que je suis influencée par Fred Vargas. J’adore ses romans qui font la part belle aux dialogues, aux personnages et à la poésie. Dans un autre genre, Valérie Perrin est aussi pour moi un modèle, de par sa plume sensible, réaliste, émouvante, qui donne la parole aux gens simples et sait si bien raconter des histoires.

Piochez-vous parmi des éléments biographiques lorsque vous écrivez ?

Je pioche beaucoup dans mon imaginaire personnel et dans mes expériences d’adulte, avec mes espoirs, mes interrogations et mes peurs. Pour « Le coq ne chantera plus », j’ai puisé dans la complicité existant entre un père et son fils, complicité exclusive qui se joue au détriment de la mère. C’est une souffrance que je connais bien car mon mari et mes deux garçons excellent dans des sports auxquels physiquement je n’arrive pas à participer. J’avais besoin d’exorciser ce sentiment d’isolement, et d’en nourrir mon histoire. Après, j’écris des œuvres de fiction, avec des situations inventées et des personnages sortis de mon imagination, qui vont naître en fonction de ce que j’ai envie de raconter.

Quel personnage vous inspire le plus ? Et oriente-t-il votre écriture ?

Le Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. J’envie son éloquence, son sens de la repartie. Ah ! Sa fameuse tirade des nez : « ah non, c’est un peu court jeune homme, on pouvait dire, oh dieu, bien des choses en somme… ». Quel moment d’anthologie ! Et son amour impossible pour sa cousine, son courage, son dévouement, ses souffrances d’homme mal aimé à cause de la disgrâce de son visage. Quelle source d’inspiration inépuisable. Je l’admire. De là à dire qu’il oriente mon écriture, la réponse est non, car son panache est inimitable.

Votre citation favorite ?

« La vie doit se manger pour vivre ». C’est une bonne formule pour avancer. Profiter. Etre gourmand de tout ce qui se présente.

Comment vous est venue l’idée pour écrire votre ouvrage « Le coq ne chantera plus » ?

L’idée est partie de la volonté d’assouvir une forme de justice vis à vis des violences conjugales. Je me suis dit que sur le papier tout du moins, je pouvais faire en sorte que le mari cogneur de sa femme soit assassiné. Par qui ? J’avais déjà mon petit scenario en tête, avec l’envie d’embrouiller les pistes, mais tout en gardant l’enquête policière comme une trame secondaire. Parce que mon idée principale, c’était surtout de montrer l’amitié comme une bouée de sauvetage, un moyen de se relever quand les cassures deviennent trop lourdes à porter. Je voulais des émotions, des personnages forts, à la fois déchirés mais pleins d’espoir, du suspense.

Et si vous deviez décrire votre livre en une phrase ?

Entre roman, polar et poésie, ce livre parle d’amitié en tant que refuge quand, dans les familles, certains membres ne trouvent pas leur place.