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Un projet d’édition par souscription – Chronique d’un échec

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La souscription de l’adaptation en BD du roman Les Conquérants du Monde Ancien

Souvenez-vous, il y a quelques mois, pour financer l’adaptation du roman Les conquérants du monde ancien de Pierre Décaillet, nous avions lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule.

Retour sur cette opération qui fut, de l’aveu de toute l’équipe de Nombre7, non seulement une déception à la hauteur de son engagement, mais aussi un échec qu’il convient de comprendre pour mieux rebondir.

Genèse du projet

Pour cette opération d’adaptation ambitieuse, nous avions établi un budget de production de l’ordre de 30 K€ et ouvert un appel à participation.

Le livre de Pierre Décailletcolonisation algérie relate l’arrivée des premiers colons européens sur la région qui deviendra plus tard l’Algérie. Ainsi, c’est tout naturellement que nous avons sollicité en premier lieu la communauté Pied-Noir, au centre de l’histoire, en nous adressant à différentes associations et influenceurs. Nous avons reçu un excellent accueil, très enthousiaste même.
Mais la communauté Pied-Noir ne suffisait pas, il nous fallait étendre notre visibilité et toucher d’autres personnes, d’autres communautés, toucher un public plus vaste, un public sensible au récit historique …

Pour ce faire, nous n’avons pas ménagé notre peine et avons réfléchi à une véritable campagne de communication sur 4 mois, de juin à septembre. Nous avons actionné différents canaux :

  • Des bon de souscription distribués via les associations
  • Des ventes directes au travers d’influenceurs
  • Le relais massif de la campagne sur les réseaux sociaux des influenceurs
  • Et une campagne sur Ulule.

 souscription livreUlule : la déception

Ulule est l’une des plateformes de financement participatif les plus actives et efficaces en Europe. Notre idée : atteindre notre objectif de 30K€, voir même le dépasser.
Ce ne fut pas le cas !

Pourtant nous avons touché près de 15 000 personnes mais ce ne fut pas suffisant, il aurait fallu aller au-delà encore. Communiquer à une plus grande échelle.  Et surtout dépasser le premier cercle des soutiens.

  • Naïvement, nous pensions qu’Ulule nous accompagnerait dans cette démarche mais il n’en fut rien. Ulule reste un simple facilitateur des opérations en gérant la plateforme et les souscriptions – ce qui est déjà bien – mais ne se mêle pas des questions de communication et du public visé et touché.

Ulule n’est pas le promoteur de la campagne

  • Autre point bloquant dans l‘opération que nous avons sous-estimé : l’âge moyen des lecteurs potentiels de l’ouvrage et sur lesquels nous comptions pour relayer l’opération. Malheureusement, force est de constater que cette cible n’est familiarisée ni avec le relais sur les réseaux sociaux ni avec le principe même de souscription sur une plateforme numérique.

Résultat : au bout de 2 mois, la campagne a commencé à plafonner au tiers de l’objectif pour ne presque plus évoluer …

Aussi, les plateformes comme Ulule ne s’accommodent pas de tous les projets.

Si c’était à refaire …

Si c’était à refaire, nous agirions différemment !
Si Ulule peut être un tremplin efficace, la cible de la campagne de financement participatif doit correspondre exactement aux utilisateurs du net d’aujourd’hui : agiles, habitués à partager sur les réseaux sociaux, à communiquer, à échanger…

En misant sur la propagation organique de la campagne, nous avons négligé de solliciter directement des associations et autres influenceurs pour qu’ils s’engagent activement dans le financement.

L’une des conclusions également que nous avons tiré de cette expérience est de laisser le temps au temps … 4 mois était un délai beaucoup trop court, notamment pour mobiliser une communauté cinquantenaire et plus. Nous aurions dû réfléchir à la façon de nous adresser à cette cible, pour la mobiliser, la motiver tout en accordant le temps à la campagne de faire son oeuvre et de se faire connaître.

Voilà, pour notre première expérience de financement participatif, ce ne fut pas une réussite. Mais vous serez d’accord avec nous, seuls ceux qui ne font rien ne risquent rien. Et nous ne serions pas la maison d’édition qui fait bouger les lignes si nous ne tentions pas différentes aventures et si nous n’osions pas explorer le numérique dans tout ce qu’il a à nous offrir. Parfois, cela fonctionne à merveille, parfois un peu moins. Mais nous nous en relevons toujours et forts d’une nouvelle expérience.

Gilles Arnoult
Directeur Nombre7 Editions

1 COMMENT

  1. Merci à Nombre7, et particulièrement à Gilles Arnoult pour tous les efforts qu’il a démontrés pour ce projet enthousiasmant et qui pouvait intéresser de nombreux jeunes. Dommage ! Mais rien n’est perdu: «  never give up » comme disent les Américains. Il ne faut jamais perdre espoir, surtout quand la cause est bonne.
    Pierre B. Décaillet

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