L’aventure débute en catimini, au cœur de l’Algérie. Khaled Boudaoui se défie d’écrire un livre et seule sa famille est au courant. Ce n’est qu’au détour de conversations avec des amis ou des connaissances que « j’ai commencé à leur apprendre que j’avais écrit un roman ».

Un tourbillon médiatique !

Vivre en Deux moi, connaît en 2019, un petit succès, « c’était totalement inattendu, pas du tout anticipé ». Son histoire, écrite en français mais pensée en arabe, résonne chez ses lecteurs. Elle présente le déchirement de l’identité du personnage principal qui se retrouve confronté aux rejets de la France et de l’Algérie. Une réelle problématique encore d’actualité qui souligne subtilement des blessures plus profondes. Cependant, c’est un an plus tard, en 2020, avec Paria d’hier, notable d’aujourd’hui, que tout s’accélère. « On me demandait souvent : alors il en est où le prochain ? ».

Khaled Boudaoui

Khaled Boudaoui s’attaque à une certaine violence, à la corruption et au népotisme qui gangrène son pays. Paria d’hier, notable d’aujourd’hui, en revisitant l’histoire récente de l’Algérie – la décennie noire avec son terrorisme islamique – suscite alors l’intérêt du gotha littéraire algérien. Son auteur intègre, enfin, les cercles intellectuels et multiplie les rencontres, les débats et les dédicaces à Oran, Alger ou Marseille.

Et si le public est au rendez-vous, les médias le sont d’autant plus. Plateaux télé, émissions, entretiens, interviews, article chez El Watan… L’histoire accroche le regard, car elle a un signifiant, elle porte un message politique qui ose s’imposer dans une histoire et un contexte singulier. Ce succès soudain porte son aventure éditoriale dans une aventure transfrontalière inédite. Le roman naît dans des circonstances exceptionnelles, car éditer un livre entre la France et l’Algérie n’est pas chose facile. Ce travail unique et laborieux est à présent reconnu et l’aventure se poursuit !

Vivre en deux moi - Khaled Boudaoui
Paria d'hier notable d'aujourd'hui - Khaled Boudaoui

Une escalade réussie.

L’écriture, si elle était un challenge, devient rapidement une nécessité. Khaled Boudaoui, ancien journaliste, en a besoin pour s’exprimer et défendre certains messages. « Le premier roman, c’est sur l’amour, sur l’histoire et l’identité, le second, c’est sur la violence de mon pays ». Il s’agit de creuser les thématiques et d’aller toujours plus loin au fur et à mesure des ouvrages. Tel un escalier, l’auteur s’immerge dans son sujet qu’il parvient à déployer au fil de son écriture. Rattrapé par son passé de journaliste, il apporte un regard fin, minutieux et pertinent. « Le troisième, même le quatrième sont prévus ! » assure-t-il en expliquant cette escalade sans fin. Inspiré par ses lecteurs, par les relations autour de lui ou par des lieux qu’il aime comme Marseille, sa création littéraire ne cesse d’accroitre. Ce qui compte, c’est de laisser derrière soi le plus possible, car l’art et la littérature sont éternels…

Un été bien chargé attend l’auteur, plateaux télé, émissions… Restez à l’affut !